Dans un marché européen plus intégré, la capacité de la France à orienter l’épargne vers ses besoins de financement de long terme constitue aussi un enjeu de souveraineté. L’internationalisation croissante des investissements immobiliers s’inscrit dans une évolution de fond : en dix ans, les SCPI sont passées d’un ancrage presque exclusivement national à une diversification massive, au point que les investissements domestiques ne représentent plus qu’environ 20 % des acquisitions. Si cette dynamique va dans le sens de l’histoire, elle rend d’autant plus nécessaire le maintien d’un cadre compétitif pour les véhicules français. C’est dans cette double perspective, européenne et nationale, que l’ASPIM s’est mobilisée en 2025. En réponse à la stratégie de la Commission européenne sur l’Union de l’épargne et de l’investissement, l’ASPIM a défendu le rôle que peuvent jouer les fonds d’investissement immobilier dans la croissance et la compétitivité de l’Union européenne, en orientant l’épargne vers des besoins de financement de long terme. Elle a également mis en avant plusieurs freins à leur développement à l’échelle européenne : les obstacles réglementaires et administratifs à la distribution transfrontalière, les disparités fiscales entre États membres, ainsi que les risques de double imposition pour les investisseurs non-résidents. Dans le même esprit, l’association a porté une attention particulière à la compétitivité des véhicules français. Alors que la collecte internationale devient un levier de plus en plus structurant dans un marché européen ouvert, certains frottements fiscaux continuent de pénaliser les fonds français, notamment pour les investisseurs non-résidents. Sur le plan national, l’ASPIM a également plaidé pour la poursuite de la modernisation des SCPI et des OPCI grand public. L’objectif est de les rendre plus lisibles, plus adaptés au cadre européen et plus accessibles aux épargnants. Il s’agit de préserver l’attractivité des véhicules français dans un environnement de plus en plus concurrentiel. « Entre internationalisation nécessaire et souveraineté sur notre épargne, il nous faut trouver le juste équilibre. » Compétitivité et souveraineté : préserver la capacité française de financement de ses infrastructures essentielles 5 Christophe Perriot PRAEMIA REIM P résident de la commission comptable « En 2025, la commission comptable de l’ASPIM s’est réunie à quatre reprises pour accompagner l’entrée en application du plan comptable général (PCG) modernisé et des règlements sectoriels SCPI et OPCI. Ses travaux ont principalement porté sur les modalités de première application de ces textes, leurs effets sur la présentation des comptes — reclassements, suppression des transferts de charges, nouvelle définition du résultat exceptionnel — ainsi que sur l’évolution du contenu des annexes. La commission poursuivra ses travaux en 2026 dans la même logique de clarification et d’accompagnement des sociétés de gestion, au service de la qualité, de la comparabilité et de la fiabilité de l’information comptable des fonds immobiliers. » Vida Ovar, Portugal — © Sogenial Immobilier Préserver l’équilibre du bail commercial, un enjeu de sécurité juridique et de compétitivité Lire la suite Lire la suite Lire la suite Sommaire Sommaire Sommaire Édito du Président Édito du Président Édito du Président Le mot de la Déléguée générale Le mot de la Déléguée générale Le mot de la Déléguée générale L’ASPIM et son secteur L’ASPIM et son secteur L’ASPIM et son secteur 2025 en un coup d’œil 2025 en un coup d’œil 2025 en un coup d’œil Faire face aux enjeux du pays Faire face aux enjeux du pays Faire face aux enjeux du pays Financer l’avenir Financer l’avenir Financer l’avenir les chantiers de demain les chantiers de demain les chantiers de demain L’ASPIM en mouvement L’ASPIM en mouvement L’ASPIM en mouvement Annuaire Annuaire Annuaire Préserver l’équilibre du bail commercial, un enjeu de sécurité juridique et de compétitivité En 2025, l’ASPIM s’est fortement mobilisée sur les évolutions envisagées en matière de bail commercial. Les débats intervenus dans le cadre du projet de loi Simplification ont mis en lumière plusieurs risques susceptibles d’affecter durablement l’équilibre économique et contractuel des actifs commerciaux : remise en cause de la refacturation de la taxe foncière, mensualisation des loyers, plafonnement des garanties locatives, clarification du droit de préemption et, plus largement, récurrence de propositions visant à encadrer davantage les loyers commerciaux. Dans ce contexte, l’ASPIM a défendu une doctrine d’ensemble articulée autour de plusieurs principes : refus de toute remise en cause générale de la refacturation de la taxe foncière ; opposition à tout encadrement généralisé des loyers commerciaux ; vigilance sur la mensualisation des loyers et le plafonnement des garanties, en demandant que ces dispositifs soient strictement circonscrits, notamment aux seuls commerces au sens strict, avec exclusion explicite des actifs monovalents et préservation des équilibres contractuels existants. L’enjeu est d’éviter toute instabilité normative susceptible de fragiliser les revenus locatifs, la valeur des actifs et les conditions de financement qui, rappelons-le, constituent une spécificité française en ce qu’ils garantissent au locataire une véritable « propriété commerciale ».